SILENCE PODCAST

LA CABANE À LECTURE
avec la librairie La vie devant soi 

Magellan

Vous trouvez votre trajet en train long et ennuyeux à mourir ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls. Lorsque Stephan Zweig, rejoint le Brésil à bord d’un navire tout équipé et malgré l’excitation du but à atteindre, tout retombe à plat assez vite. Si d’une touche ou d’une sonnette ses moindres désirs sont comblés, où est donc passée l’aventure ? Qu’y a-t-il à vivre lorsque les chemins sont tracés par d’autres et que le confort dispense de tous risques ? Il décide alors d’écrire le récit d’un voyage extraordinaire, celui tenté et réussi par le portugais Magellan parti pour trouver une route des épices, matières les plus luxueuses à l’époque.
Si l’Espagne a déjà remporté l’Amérique grâce à Colomb, Magellan va d’abord essayer de convaincre son propre pays de financer ce projet fou avant de finalement, trouver appui lui aussi côté ibérique. Personnage à l’instinct tenace dans une période dédiée à la conquête de nouveaux territoires, il se base pour convaincre sur des cartes et des informations approximatives parlant d’un passage dans l’Atlantique conduisant à l’océan Indien. Grâce au soutien du roi, il parviendra à faire partir en 1519, 5 navires, 265 hommes, autant de vivres, d’eau, de matériels divers et variés pour tenir des mois durant… Pour finir trois ans plus tard avec une poignée de survivants sur un seul bateau et sans capitaine !
La force de ce livre est de rentrer dans le détail de cette odyssée en racontant tout de ces aspects économiques, politiques, religieux comme aux plus triviaux et touchants – la rencontre de « géants » en Patagonie – aux heureuses synchronicités et aux relations essentielles qui ont fait pencher le destin d’un côté ou de l’autre à des moments cruciaux. Un récit captivant qui vous emporte dans le lit de l’inconnu le plus total, redonnant le goût de la navigation à vue si l’on voit bien voir l’aventure partout.

Stefan Zweig – « Magellan », collection « Le Livre de Poche »

Garance Hamon

Les grands espaces

Catherine est une petite fille qui ne manque pas d’idées et d’imagination qu’elle va mettre à profit dans une nouvelle vie dans le marais de Poitevin.

Elle grandit entourée de pierres, d’arbres, et avec un chantier sous les yeux : celui de la ferme que ses parents rénovent, afin d’y habiter en famille. Une grande et vieille maison qui se transforme, des arbres à planter, un jardin à imaginer, la nature à observer : ainsi naît le goût de la création et germent les prémices d’un futur métier : dessinatrice. Avec humour et tendresse, l’auteure raconte le paradis de l’enfance, de la nature, de l’art et de la littérature, ses alliés de toujours,…

Ce retour à la terre autobiographique drôle et poétique est un beau plaidoyer pour la liberté et la vie simple.

Catherine Meurisse – « Les grands espaces », aux éditons Dargaud

Arpenter le paysage

Pour compléter la lecture du livre de Rebecca Solnit « l’Art de marcher » et toujours dans la foulée de notre documentaire sur l’exercice philosophique de la marche, Charlotte Desmousseaux de la librairie nantaise « La vie devant soi », a placé dans notre cabane à lecture «Arpenter le paysage» de Martin de la Soudière. Une autre incroyable mine d’or publiée récemment aux éditons Anamosa, puis dans l’irremplaçable collection Payot Voyages.
Anthropologue de formation Martin de la Soudière se fait dans ce texte ample et généreux, arpenteur de notre rapport au paysage, de notre rapport à l’espace, de notre cheminement d’homme, de femme, d’enfant, d’adolescent face au « goût du dehors».
De l’escalade à la poésie on aimera la façon dont l’auteur nous amène à penser les chemins de l’enfance, nous éclaire sur la façon dont se forment chez certains des « Paysages totems » qui n’auront de cesse de nous hanter, paysages rêvées sur des cartes, dans des chambres d’enfant, cartes refuges, cartes monuments et comment ce rapport à l’espace proche, varié, unique sera la source narrative de grands auteurs, penseurs, géographie qu’il nous propose ici de découvrir.
Ce livre est une déclaration d’amour à la géographie et à l’ethnographie à la littérature et aux aventuriers des territoires.

Martin de la Soudière – « Arpenter le paysage », aux éditons Anamosa

Charlotte Desmousseaux – Librairie La vie devant soi 

L’Art de marcher

Penseuse du vivant, du politique, du féminisme, de l’urbanisme, de la géographie, de la justice sociale et de l’art, Rebecca Solnit, dans son premier livre publié en France «L’art de marcher», tout d’abord aux éditions Actes Sud, puis repris en poche dernièrement, aux éditions de l’Olivier, exprime et explore dans un essai érudit mais très accessible, l’histoire de la marche sous différents aspects, à la fois historique, psycho géographique, littéraire, artistique et poétique.
Pour Solnit, la marche est un art du mouvement, un art multipliant les pistes d’exploration: du jardin aux nouveaux territoires: banlieues, ruines, chemins de traverse. Le rythme de la marche, selon elle, donne un rythme à la pensée. Mais marcher c’est aussi définir la notion de liberté et de plaisir, s’émanciper, définir un lien entre le lieu qu’on habite et «l’existence qu’on y mène», marcher c’est être libre de son corps.

Solnit avance en éclaireuse et ouvre notre champ des possibles, notre envie de découvrir poètes, philosophes, historiens et grands voyageurs.

Rebecca Solnit – « L’Art de marcher », éditons de l’Olivier

Charlotte Desmousseaux – Librairie La vie devant soi 

L’Odyssée de L’Endurance

En mars dernier une équipe de chercheurs retrouvait, cent ans après, dans la mer de Weddell et sous 300 mètres de fond, l’épave quasi intacte de l’Endurance, le bateau de Sir Ernest Shackleton ! L’occasion de lire ou relire le journal de bord d’un des pionniers de l’exploration antarctique et une des plus incroyable aventure humaine du siècle dernier.

En 1914, Shackleton  n’en est pas à son premier voyage en Antarctique quand il décide avec une poignée d’hommes d’équipage de traverser le continent de mer à mer. En définitive, le bateau restera coincé dans les glaces et dérivera pendant deux ans tandis que Shackleton et son équipage trouveront refuge sur l’île de l’Éléphant.

Le salut viendra grâce a la ténacité du capitaine et des péripéties sommes toutes assez folles…On peut dire que l’expédition a eu beaucoup (mais beaucoup) de chance.

Ce récit vaut évidemment pour l’exploit mais également par les descriptions de la nature. Le texte ne brille pas par son lyrisme, c’est un journal pragmatique et détaillé qui cependant titille notre imaginaire et nous plonge dans l’univers glacé du Pôle Sud.

C’est un texte magique parce que récit d’une époque ou avec trois peaux de bêtes, un poêle de fortune et par moins 30 degrés, les hommes survivent et se serrent les coudes.

>« L’Odyssée de l’Endurance » est un grand texte du Voyage de la Géographie et de l’Exploration, fascinant pour la découverte d’un territoire vierge mais aussi pour les qualités de meneur de Shackleton…Ainsi, après deux ans de survie, tout les hommes de l’aventure rentreront sains et saufs !

Sir Ernest Shackleton – « L’Odyssée de L’Endurance », éditons Phébus, Libretto.

Etienne Garnier – Librairie La vie devant soi

Le vieux qui lisait des romans d’amour

C’est un livre court qui nous happe et nous transporte dans un petit village au fin fond de l’Amazonie. Dépaysement garanti, puisqu’une bête rôde et menace, entre autres, la tranquillité du seul vieux qui sait la traquer. Ayant appris avec les indiens, ce vieux qui lisait des romans d’amour connait les règles en vigueur dans cet univers hostile. Tout en constatant l’ignorance de « l’homme civilisé », il sera le guide pour aller chercher le félin meurtrier. Un roman qui laisse planer une mélancolie, glissant avec humour et tendresse sur les souvenirs d’une vie revisitée pendant la marche et éveillant le regard sur la beauté infinie d’une forêt tellement négligée.

Luis Sepulveda – « Le vieux qui lisait des romans d’amour » éditions Points -1995

 

Garance Hamon – BNFA

Dans la mer de Cortez

Mars 1940, John Steinbeck embarque à bord du Western Flyer avec des amis biologistes pour six semaines d’exploration scientifique en Mer de Cortez. Cette bande de mer entre Basse Californie et désert du sonora au Mexique est un lieu propice à l’Aventure mais surtout un sanctuaire pour quantité d’organismes marins qui n’ont jamais été répertoriés.

Steinbeck tire de l’expérience un journal de bord solaire et généreux, riche en informations sur la vie des espèces à commencer par l’espèce humaine!! Il n’est pas avare en considérations naturalistes et livre un travail de collectionneur de collection assez remarquable!! Des paysages idylliques, la camaraderie et la gourmandise, des bestioles diverses et variées, une nature sauvage mais pour combien de temps encore…
Ce récit est pour l’auteur une inoubliable parenthèse enchantée, loin du chaos de la guerre, qu’il nous fait pleinement partager.

John Steinbeck – « Dans la mer de’ Cortez » édition Acte Sud, Babel

 

Etienne Garnier – Librairie La vie devant soi

Croire aux fauves

Une rencontre, un jour qui bouleverse tout. Mais pas avec quelqu’un, avec un ours.

L’auteure nous fait le récit de ce choc des mondes qu’elle a vécu en 2015 et qui lui a donné le sentiment d’une naissance après avoir frôlé la mort. Et se tisse un après, où tout montre que son chemin suivait déjà l’animal avant l’affrontement. Et que sa nouvelle vie, et celle de l’anima, est désormais entre le monde de l’un et celui de l’autre, marqué de chaque côté, sans pouvoir s’oublier. Une histoire vraie qui fait planer en nous une impression à la fois « d’extraordinaire », car c’est un événement des plus rares, comme il nous ramène à une scène tirée d’une mythologie ancestrale, une sorte d’image inconsciente et collective, dont on devine intimement qu’elle porte un sens plus grand. Comme un rappel que malgré notre agitation « à être » dans un monde moderne, reste cette part de nous, intacte, qui hante les steppes et qui peut, comme un rituel vital, se battre au corps à corps avec les fauves, ou autrement dit, avec une version miroir de nous-même matérialisée dans un autre. Et ne pas en mourir.

Nastassia Martin- « Croire aux fauves » édition Gallimard, 2019

(Garance Hamon – BNFA)

Butcher’s crossing

Un roman écrit dans les années 60 qui raconte la fin d’un monde et d’un mythe, celui de l’ouest sauvage américain.L’histoire d’une dernière chasse au cœur des montagnes du Kansas profond.
4 hommes s’entêtent à trouver une vallée encaissée où se cachent les derniers bisons des plaines, un bon gros pactole à se faire… un jeune « pied-tendre » arrivé d’une ville de l’Est qui rêve de gloire et de fortune et trois trappeur têtes brûlés, plus ou moins aguerris et plus ou moins tordus. C’était sans compter sur l’arrivée de l’hiver et d’un blizzard terrible qui transforme l’idyllique sanctuaire en piège mortel. Mais oui !! On retrouve dans ce roman d’aventure et d’écologie en forme de quête existentielle toute la fougue des grands westerns, les paysages du kansas…montagnes et immenses étendues vierges, la description remarquable d’une nature sereine qui va prendre une revanche implacable parce que la nature est nature et les hommes insatiables ! C’est un roman de saison et de changement de saison à lire les pieds au chaud et au sec !

John williams- « Butcher Crossing » édition 10-18.

(Etienne Garnier – Librairie La vie devant soi)

La montagne vivante

Pionnière du nature writing, Nan Shepherd (1893-1981) n’a eu de cesse d’arpenter « sa montagne », les Cairngorms des Highland écossais.

La montagne vivante est un texte que la poétesse et romancière a écrit en 1940 et qui est resté inédit pendant près de trente ans. Tandis que ses contemporains auteurs voyageurs voyaient dans la montagne une affaire de bonhommes et de gros bras, cette dernière aborde ses excursions avec une acuité toute personnelle faite de retenue, d’admiration et d’une curiosité sans cesse renouvelée. Elle ne veut pas dominer l’environnement mais éprouver ses sens en une véritable quête !

Nan Shepherd est une terrienne, elle connaît parfaitement ce territoire fait de plateaux d’altitude et de toundra, l’austérité de ses habitants et de la roche qui succède à la lande, la neige persistante quasiment toute l’année. Le danger qui ne vient pas des dénivelés que l’on connaît aux montagnes alpines mais au contraire des grandes étendues sans abris ou un blizzard et un froid mortel peut advenir en un instant. L’importance des recoins, là où se cachent des lochs et des ruisseaux magnifiques.
Elle est d’une précision rare dans ses descriptions de la nature avec une écriture poétique, fine et gracieuse, accordant avec une conscience écologique bien présente, de l’importance à toute chose, vivante ou inanimée…les paysages, les odeurs, les formes, les sons et les silences.

Nan Shepherd « la montagne vivante », édition Bourgois. Traduit de l’anglais par Marc Cholodenko

(Etienne Garnier – Librairie La vie devant soi)

Se cacher pour l’hiver

Comment peut-il y avoir autant de mélancolie et de grâce, de pudeur et de déchirures dans le corps et les paysages qui habitent ce livre ? il y a une grâce puissante dans cet air de ne toucher à rien d’autres qu’aux interstices entre les hommes, les secrets, les lacs, les montagnes, les reflets sur la glace… On y questionne la religion, les villages, les oublis, les femmes battues, les amitiés, le pardon et la confiance, les lisières de l’amour, l’effleurement du désir, les solitudes, mais tout se fait dans la délicatesse de ce que contiennent les montagnes, les sentiers, les aubes et les oscillations de l’eau sous la glace qui avance…
Une héroïne blessée, pudique dont le corps cahotant cristallise notre infini besoin de bienveillance, de réconciliation et de mélancolie…

Il est rare que je mette plus de quelques jours à lire un livre mais celui-ci a accompagné les 3 dernières semaines et il m’a rendu heureuse…
Parfois n’en lire que quelques lignes et rêvasser à la suite de l’envoûtement que procure cette langue si proche des paysages pendant quelques heures, puis reprendre la lecture, être Las- bas dans la montagne, sentir mon corps souffrir comme le sien, les leurs et vouloir que ça ne s’arrête pas tellement est belle cette mélancolie du personnage mêlée au paysage… Une intrigue disséminée méthodiquement qui donne au livre ce rythme lancinant et pourtant assez de suspens pour toujours y revenir, délicatement, précisément, comme les secrets, les doutes, les attirances…

(Charlotte Desmousseaux – La vie devant soi)

Cap Horn à la voile

En 1968, le skipper Bernard Moitessier et sa femme Françoise parviennent à mener leur bateau « Joshua » du Pacifique à l’Atlantique, passant le Cap Horn sans avarie. Il parcourt 14 216 miles en 126 jours : ils’agit là de la plus longue traversée sans escale (et sans moteur).
L’aventurier sensible et curieux nous fait partager cette navigation palpitante. Du Pacifique à l’Atlantique,la route la plus rapide est celle qui passe par le cap Horn. Il doit affronter une mer déchaînée et les tempêtes des hautes latitudes. On retiendra les six jours de gros temps où son bateau, toutes voiles rangées, parcourt 600 milles en allure de sauvegarde, vers le  » Cap Dur « .
Les deux jeunes mariés mèneront Joshua à bon port après avoir réalisé un tour du monde les menant notamment en Polynésie et dans l’archipel de la Terre de Feu.

Dans la forêt

Une famille vit heureuse dans la forêt, à 50 km du premier village.
Sans que l’on comprenne la raison, la civilisation s’effondre. Les magasins ne sont plus approvisionnés et la nourriture commence à manquer. Les villes sont désertées, l’électricité devient rare et il n’y a plus de téléphone ni d’internet.
Loin du monde, la famille tente de surmonter les épreuves jusqu’au décès de la mère d’abord, et du père ensuite. Les deux sœurs se retrouvent seules pour affronter ces bouleversements.
Normalement proches, les adolescentes se déchirent, le chaos les éloigne et le huis-clos devient pesant.
Nous sommes loin de la série « Walking dead » et du survivalisme post-apocalyptique. L’intérêt est ailleurs : redécouvrir ce que la nature a à nous offrir et s’en accommoder. Parce que la nature peut nous nourrir, nous abriter ou nous soigner. Encore faut-il la connaître et la reconnaître.
Un magnifique roman hors du temps et de l’espace, où le monde est à l’envers et où deux sœurs tentent de rester à l’endroit.

Sukkwann Island

Roy a treize ans et décide d’accompagner son père dans son projet fou de vivre une année coupée du monde sur une île désertique en Alaska. Ses parents séparés, il connaît mal son père. C’est peut-être l’occasion de recréer des liens.
Très vite, Roy s’aperçoit que cette aventure est chaotique, mal préparée et un peu trop idéalisée par son père. Ils vont devoir survivre au lieu de vivre. Le labeur laisse peu de place au plaisir .
La lecture de ce livre est une véritable épreuve que l’on dévore. Inspirée de la vie de son auteur David Vann, ce texte nous tient en haleine en glissant doucement vers la tragédie et douleur que l’on sent inévitable. Le style est doux ; les mots sont parfois crus, sans fioriture et bien choisis.
Un livre obsédant.

J’aurais pu devenir millionaire, j’ai choisi d’être vagabond

Sous ce titre racoleur, ce livre dresse un beau portrait du naturaliste John Muir. Né en Écosse en 1838, le jeune adolescent découvre la région des Grands Lacs, aux États-Unis. Il y travaille la terre et contemple, à ses heures perdues, la sublime nature environnante. John Muir comprend très vite que sa place est là haut, dans la forêt, dans la montagne, dans les grands espaces. Il souhaite s’affranchir du travail et trouver la liberté par l’autonomie. Il quitte l’Ouest de Chicago, à pied, et traversera les Etats-Unis d’est en ouest en vivant en ermite dans les bois, en totale fusion avec la nature.
Icône de la liberté aux États-Unis, il fut, selon Roosevelt, « l’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré ». 

John Muir a sauvé de nombreux espaces sauvages américains dont le Yosemite. Il refuse la société industrielle qui met la nature et les humains à terre. Il défend une vie simple et respectueuse, sans jamais l’imposer. Il se contentera de la proposer dans de nombreux ouvrages naturalistes.

Le garçon sauvage

Le garçon a trente ans et se sent « à bout de force ».
Il n’écrit plus, ne lit plus. Il garde néanmoins en mémoire ces auteurs qui ont un jour tourné le dos à la civilisation pour vivre intensément la nature: John Muir, Elisée Reclus et Henri David Thoreau, bien sûr, avec son classique Walden.

L’homme retrouve les montagnes après dix années d’abstinence. Ses quelques économies lui permettent de louer une maison isolée à deux mille mètres d’altitude, pendant plusieurs mois. Il se retrouve dans une vallée proche de celle où il a passé son enfance, le Val d’Aoste.
Ce récit raconte le quotidien d’un homme simple, un peu perdu, qui espère que la montagne va « le transformer en quelqu’un d’autre ». Il déchantera vite et finira par comprendre qu’il n’y a rien à espérer.
Un texte sensible, où l’on prend le temps de contempler les grands espaces nord-italiens. Un texte intelligent et lucide sur le soi et la vie en société. Beaucoup d’humour, aussi, dans ce « garçon sauvage », qui nous mène sur le chemin de nous-mêmes avec beaucoup de douceur.

Indian creek

Un étudiant débarque dans une université américaine, près des Rocheuses. Il a pour colocataire un passionné de romans d’aventure. La tête farcie de ces romans, il se porte candidat pour passer l’hiver dans la montagne à surveiller l’éclosion des saumons. Il réalise alors ne pas avoir d’expérience, trop  tard: le contrat est signé. 

Il fait malgré tout bonne figure face au garde forestier qui lui donne les consignes et l’aventure commence : se nourrir, se chauffer dans une tente et faire face aux animaux sauvages…
Ce livre est un tel succès aux USA que « la passe de l’indien » est devenu un lieu culte où de nombreux lecteurs marchent dans les pas de Pete Fromm.

Ma vie sur la route

Voici une femme, une voix, une auteure qui, si vous ne la connaissez pas encore, mérite toute votre attention. Gloria Steinem raconte et témoigne de ce qu’a été sa vie de militante sur la route, poursuivant ses idéaux féministes et humanistes qui l’ont fait côtoyer toutes les strates de l’Amérique depuis les années 60. Lutte pour l’émancipation des femmes, des noirs, des gays, des peuples autochtones et lutte pour l’environnement… Sa vision panoramique du monde – du chauffeur de taxi aux plus grandes personnalités, de l’Inde à Washington – nous montre à quel point le désir d’évolution vers une société plus juste et égalitaire est un long chemin, qui relève plus d’un long processus et d’une addition de choix que simplement un fait historique. La liberté se gagne chaque jour. Son témoignage est d’autant plus touchant qu’elle tisse ses souvenirs de lutte avec ceux plus personnels et tout aussi révélateurs de sa propre histoire familiale. (Garance Hamon)

Walden

Henry David Thoreau n’aime pas les attaches. Il vit seul, ne vote pas, ne paye pas d’impôt. Il évite la société toxique: il ne mange pas de viande, ne boit pas de vin, ne fume pas et invite à La désobéissance civile. 

Il décide un jour de vivre dans une cabane dans les bois pour explorer au maximum, ses convictions son souhait d’autosuffisance et ses limites.
Il pêche, pose des pièges bricolés, fait pousser des haricots et ramasse les fruits sauvages. A travers son observation des arbres, du lac, du vent, des saisons, de la faune et de la flore, il fait l’éloge de la lenteur, élément essentiel du bonheur. Avec son style âpre et moralisateur, il développe sa philosophie au fil des pages, avec parfois des longueurs. Mais son écriture contemplative reste un régal.

voyage avec unane

Voyage avec un âne dans les Cévennes

Robert-Louis Stevenson, bien connu pour ses romans d’aventures, s’est également illustré par le récit de voyage. À une époque où les écrivains partaient en quête des ruines d’Italie et d’Égypte, lui préférait le micro-voyage et suivre son instinct. En 1878, il entreprend de faire une grande marche aux travers des Cévennes, guidé par son âne Modestine. Visitant villages après villages, il fait la connaissance de locaux typiques, tour à tour méfiants ou chaleureux. Mais c’est aussi un chemin de réflexion spirituel, ponctué de débat sur la présence protestante sur place et son histoire. De vallée en vallée, de rivière en rivière, de clocher en clocher, c’est aussi un beau moment d’une liberté totale, permise par la vie simple et dépouillée dans la nature. Le chemin existe toujours aujourd’hui et il est largement visité par les touristes qui ont vu dans cette façon de vivre, le paysage et la marche, un moyen agréable de retrouver l’essentiel. (Garance Hamon)

Désert solitaire

L’obsession d’ Edward Abbey pour les grands espaces américains est née des westerns de son enfance. Devenu un grand écrivain du natural writing, il écrit en 1968 « Désert solitaire » ; l’une des ses œuvres les plus marquantes avec « Le gang de la clef à molette ».

L’auteur est ranger dans le Parc National des Arches, dans l’Utah. Il prend ses fonctions au tout début de  la consommation touristique de masse et de la surfréquentation des parcs naturels américains.
Il évoque la puissance du désert, rude, chaud et sublime, et rappelle la fragilité de cet espace dans un discours énervé au cœur des genévriers.

Edward Abbey défend cette nature sauvage avec beaucoup de tendresse et dénonce l’artificialisation du Parc. Quelques années plus tard, il inspira le mouvement écologiste radical Earth First!

L’océan, les bêtes, les hommes

C’est par une nuit de Noël et de tempête que disparaissait en 1997 à Douarnenez celle que les marins surnommaient « la Dame de la mer ». 

Née en 1899, Anita Conti est la première Française océanographe et la seule femme à avoir accompagné les légendaires pêcheurs terre-neuvas qui partaient chaque année des côtes européennes pour pêcher la morue au large du Canada.  

Embarquez avec elle également à bord des navires dragueurs de mines pendant la dernière guerre, et découvrez son travail autour du développement des pêches traditionnelles en Afrique de l’Ouest. Vous trouverez ici le récit modeste et palpitant des 50 années de mer, d’aventures et de recherches d’Anita Conti. 

A découvrir également Géants des mers chaudes et de Racleurs d’océans.

Silence Podcast produit des podcasts indépendants sur les grands espaces et diffuse de la musique qui nous inspire les grandes étendues.